Prisons

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Le droit, la justice, la magistrature en crise, entretien avec Irène Terrel

Les mardis de Chimères, le 20 janvier 2009

Irène Terrel, avocate de Julien Coupat sur l’affaire de Tarnac, de Battisti (vidéo sur le nouvel Obs), Petrella

Le droit, la justice, la magistrature en crise.

JC Polack : Il y aurait OPA de l’exécutif sur le domaine de la justice et rupture avec une tradition démocratique.

Irène Terrel : Ce qui se passe est l’aboutissement d’années de grignotages successifs, d’abandons qui éclatent à la lumière. Le phénomène nouveau, c’est le médiatique, la société du spectacle que je vis comme une agression. Il y a un changement de nature et non plus de degré. Et je ne sais pas pourquoi. Pourquoi Tarnac a déclenché un tel délire médiatique ?

X : Vous avez une consœur qui a jeté un mégot sous une voiture et qui a fait trois jours de garde à vue parce qu’elle a été vue à une manifestation devant la prison de la santé en 2003 et il paraît qu’elle était à une réunion à Montreuil en 2008 à propos de Tarnac.

IT : Ca montre bien le changement de nature de ce qui est en train de se produire. Ce que je trouve ahurissant, c’est le fait qu’elle fasse trois jours de garde à vue anti-terroriste (si c’est trois jours, c’est anti-terroriste) et surtout elle ressort sans rien. C’est ça qui est fabuleux. On peut être placé trois jours en garde à vue anti-terroriste sans qu’au final, on ne vous reproche rien. Bientôt, il y aura des contraventions anti-terroristes, par exemple un tag. Cet incendie de voiture n’existait pas. C’était de la pure intox.

POP SHOP - Dialogue avec de jeunes prisonniers en Allemagne

  
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Extraits de l'article paru dans la revue papier.

Tiré de : Klaus Jünschke, Jörg Hauenstein, Christiane Ensslin, Pop Shop, Gespräche mit Jugendlichen in Haft, Konkret Literatur Verlag, Hamburg, 2007.

"Pop shop, émission musicale qu’on entend à la place de la promenade, en prison, quand elle est supprimée. Titre choisi par les jeunes prisonniers pour le livre confectionné à partir du groupe de parole organisé par Klaus Junschke avec des jeunes de la prison de Cologne du 1 août 2005 à la fin juillet 2006. L’affiche apposée dans la prison pour convier les jeunes au groupe de parole proposait de parler de la vie avant, la vie pendant, la vie après. 20 jeunes détenus ont participé à ce groupe, chaque lundi de 15 heures à 17 heures. Le projet était de faire un livre pour montrer la prison du point de vue des jeunes détenué. La participation au groupe faisait l’objet d’un véritable engagement, ratifié par l’administration pénitentiaire. Il s’agissait d’une prison de détention préventive, où que presque tous les jeunes avaient encore leur procès à venir (...). "

"(...) Ismail :
Avec moi quelque chose de terrible s’est passé: j’étais en Turquie dans un internat coranique pendant six mois et j’en suis revenu comme une épave psychique.

« Supprimer l’esprit de Goulag »

« G. Soulier : Bon, mais tu ne dis pas comment tu vois la prison.
Coluche : Comment je la vois de l’extérieur ? Je la vois sale, je la vois sévère, autoritaire. La prison c’est fait pour casser la tête des mecs. C’est avant tout un instrument de lessivage de cerveau à sa manière, c’est-à-dire : tu dois sortir gentil de là dedans. Et justement, c’est là que tu te fais des relations et donc que tu sors, soit définitivement professionnel soit définitivement guéri, si je peux dire, dans le cas où on considère que c’est une maladie. Mais moi je pense que la maladie pour un mec ça consiste à aller à l’usine, à avoir des gosses, à faire
un foyer, à avoir un frigidaire à crédit et une caisse à crédit. C’est ça la vraie maladie, tu comprends. Moi je crois que le mec qui est en taule, c’est un mec qui a pas eu de bol de se faire prendre, mais je pense qu’il avait choisi la bonne vie. C’est à cause du caviar, du rock n’roll, du prix des motos qu’ils sont en taule. C’est à cause de ce qui est cher, parce que sur les affiches il y a tout ce qu’il y a à vendre, et dans leur poche, pas un sou pour l’acheter. Au départ, c’est toujours l’envie d’avoir ce que tu vois dans la publicité.
Pourquoi aujourd’hui on se drogue ? Il y a une revendication chez les jeunes, et ça je l’ai vachement senti quand je faisais des galas en province où j’ai parlé avec eux. Il y a une revendication latente, qu’ils ne savent pas à qui adresser et qui est qu’ils se font chier. Il n’y a pas de débouchés et on ne peut pas créer. On ne peut pas poser sa tête sur un projet qui risque d’aboutir. Donc, la seule solution, c’est de vivre aux dépens de la société. Le voleur devient un héros [...] »

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Le ciel est par-dessus le toît (Prisons)

« Scène du dedans, violente. Ayant demandé à m’entretenir avec des détenus dans leur cellule, un jeune sous-directeur, parfaitement aimable, m’accompagne, s’arrête au hasard devant une porte, jette un bref regard par l’oeilleton, frappe d’un coup de clé, et ouvre. Deux têtes émergent, sans surprise, de deux lits superposés ; assis devant la table, un troisième détenu tourne la tête vers la porte, avec le même automatisme lent. Sur le côté gauche, deux pieds dépassent au bas d’une petite porte battante à deux volets ; au-dessus de la porte dépasse la tête de l’homme, assis sur les chiottes. Visage rouge. Le sous-directeur rougit aussi, s’excuse, et bat en
retraite. Quelque chose de l’ordre du viol. Quelque chose qui entre dans les attributions normales d’un fonctionnaire accomplissant sa tâche sans intention malsaine. C’est bel et bien l’institution qui est vicieuse[...] »

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