Anthropologie

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Regard anthropologique en Prothèse Maxillo-Faciale : entre science et conscience

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Extrait de l'article paru dans la revue papier

"(...) De l’anthropologie faciale à l’anthropologie du visage

Nous qualifions souvent dans le monde médical d’ « anthropologie » ce qu’est seulement l’ « anthropologie physique » ou l’« anthropobiologie », c’est-à-dire cette science qui étudie les groupes humains d’un point de vue physique. Au-delà de cette vision « biologique » ou « naturelle » de l’homme, s’est individualisée, du côté des sciences humaines et sociales, parfois dénigrée sous les termes de « sciences molles », l’anthropologie socio-culturelle, discipline exceptionnellement vaste basée sur l’étude des cultures humaines allant de l’individu (son mode de pensée, son imaginaire symbolique) à la collectivité (l’organisation sociale, les rapports entre les hommes et la nature, les croyances déclinées sous forme de mythes et de rites, etc.). Complexe et complète, l’anthropologie socio-culturelle est devenue une véritable science grâce à des grands auteurs comme Claude Lévi-Strauss proposant des méthodes d’analyse permettant de redessiner l’ensemble des pratiques humaines. Cette anthropologie, basée sur la pensée et l’imaginaire, nous fait basculer peu à peu de la face (avec ses proportions anatomiques et ses données céphalométriques) au visage chargé de sens et de symboles. 

Visions du monde et formes de la représentation

Extrait de l'article paru dans la revue papier

Vu : « La Fabrique des images », Musée du quai Branly, du 16 février 2010 au 11 juillet 2011 et « Dans le blanc des yeux. Masques primitifs du Népal », Musée du quai Branly, du 9 novembre 2010 au 9 janvier 2011

Lu : La Fabrique des images. Visions du monde et formes de la représentation, catalogue de l’exposition publié sous la direction de Philippe Descola, Musée du quai Branly et Somogy Éditions d’art, 2010 et Masques pimitifis du Népal au Musée du quai Branly, Beaux Arts Éditions, 2010.

Métamorphoses de la Nature

À partir de ses recherches sur les Indiens d’Amazonie, l’anthropologue Philippe Descola, élève et successeur de Claude Lévi-Strauss au Collège de France, propose une nouvelle manière d’aborder les rapports entre nature et société et les modes de socialisation de la nature, au moment où la vision moderne et occidentale du monde axée sur le paradigme de l’opposition Nature/Culture commence à révéler toutes ses limites. Descola attribue ainsi à l’anthropologie la tâche, préparatoire ou exploratoire, de dresser la cartographie des liens nature/société et de voir comment ils s’actualisent dans des manières distinctes et distinctives d’être au monde. Il s’agit ainsi de montrer que l’idée de Nature qui nous est familière depuis quelques siècles ne possède aucune universalité, et qu’elle a une histoire qui n’est pas partagée par toutes les « humanités » qui peuplent la planète .

L’exposition du Musée du quai Branly témoigne de l’intérêt croissant de l’anthropologue pour l’image et les formes culturelles de production iconique dans les différentes civilisations : le choix du mot « fabrique » dans le titre, dérivé du latin fabrica, renvoie à une dimension de construction de l’image qui associe l’artiste et l’artisan, tous ceux qui sont doués d’un savoir et d’un savoir-faire qui se traduisent dans des artefacts qui tissent les liens entre des groupes humains. Les images présentées dans l’exposition sont structurées suivant le postulat qu’il existe quatre grandes façons dans le monde de concevoir les relations entre les humains et les non-humains (plantes, animaux, esprits). La première (l’animisme) consiste d’après Descola à penser que les non-humains sont pourvus d’une âme ou d’une conscience identique à celle des humains mais qu’ils s’en distinguent par des corps différents qui leur permettent de vivre dans des milieux différents, comme c’est le cas en Amazonie, en Sibérie, parmi certaines populations d’Asie du Sud-Est et de Mélanésie. La deuxième (le naturalisme) est la vision du monde qui prévaut en Occident depuis quelques siècles, chez les « Modernes » : on n’attribue une intériorité qu’aux humains, qui se rattachent pourtant au grand continuum « naturel » des non-humains par leurs caractéristiques physiques et leur existence matérielle. La sphère des humains (seuls êtres jugés capables d’activité symbolique et de vie sociale) est ainsi dissociée du reste des existants, voués à une existence machinale et non réflexive. Cette ontologie a permis un développement sans précédent des sciences et des techniques, mais elle a produit également une exploitation sans frein de la nature, considérée comme un simple réservoir de ressources exploitables par les humains. D’autre part, elle nous a rendu difficilement compréhensibles des cultures qui ne sont  pas fondées sur les mêmes principes et les mêmes notions (nature, culture, société, histoire, progrès, etc.) et qui tracent d’autres frontières entre humains et non-humains.

La troisième formule, particulièrement illustrée par le totémisme australien, choisit plutôt d’ignorer les discontinuités entre humains et non-humains (tant sur le plan moral que sur le plan physique) pour concevoir des partages hybrides entre humains et non-humains qui ont des qualités physiques et morales communes. La quatrième et dernière (l’analogisme) attribue une singularité spécifique à toutes les composantes du monde, à tous les états et les qualités qu’il contient. Chaque humain et chaque non-humain est ainsi conçu (comme en Chine ou au Mexique) comme différent de tous les autres. 

Tyrannie domestique et clientélisme au féminin : enjeux de pouvoirs entre femmes à Samarcande

 
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Extrait de l'article paru dans la revue  papier

"(...) Dans la sphère privée, il n’y a pas d’hommes. Nous sommes en effet dans une société « homosexuée », où le cloisonnement entre hommes et femmes est quasiment étanche et où la mère contrôle entièrement la sexualité de ses fils et détient un pouvoir absolu sur ses belles-filles, les « kelin ». Nous sommes dans une société fortement patri-viri-locale et les hommes ne rentrent à la maison que tard le soir, pour dormir et procréer, même s’ils ne travaillent pas. Ils passent la journée à la « choikhana » (« maison de thé » où l’on ne boit pas que du thé) pour les plus âgés, ou bien se retrouvent autour du saroy des mardikor (sorte d’ANPE locale, violente et haute en couleur) pour les chercheurs d’emploi (40 % de la population), ou bien au café internet (ils ne se connectent pas au web mais jouent des heures durant à des jeux vidéos) ou dans la rue pour les plus jeunes. Les maisons sont le domaine des femmes, le royaume pourrait-on dire de la belle-mère, la mère des fils. Au demeurant, peu d’hommes d’âge mûr vivent dans les « mahalla ». L’espérance de vie des hommes est brève (environ 60 ans), et beaucoup vivent en émigration clandestine pour faire vivre leur famille (Corée, Russie, États-Unis, Portugal, Angleterre principalement). Partant, peu d’aksakal (barbes blanches) sont en situation de diriger le « mahalla », d’autant que les « survivants » sont rarement épargnés par la vodka. Par conséquent, il reste très peu d’hommes ayant l’âge requis pour avoir autorité sur leurs mères, qui jouissent, elles, d’une importante longévité.
Cette histoire de femmes, vécue dans le vase clos des femmes, contient tous les ingrédients pour comprendre les enjeux de pouvoir entre femmes, dans cette sphère domestique que l’on ne peut toutefois pas séparer de la sphère semi-publique qu’est le « mahalla ». Tout commence lorsque je décide d’aider, financièrement, la petite école maternelle du quartier. Elle est dirigée par Guli qui est désespérée de voir dans quelles conditions les enfants sont accueillis : pas de jouets, pas de tables ni de chaises, des fuites dans chaque pièce, etc. Guli est la cousine de Dila, l’amie chez qui je loge depuis 2 ans. Guli a mon âge, soit 9 ans de moins que Dila et est l’épouse du fils de la tante paternelle de celle-ci qu’elle appelle « oïtimulloh », soeur aînée lettrée, Dila s’adressant à elle, en revanche, par le terme de « kelin », belle-fille.

Beauté et laideur : histoire et anthropologie de la forme humaine.

« Qu’est-ce que la « Beauté », la « Laideur » de la figure humaine, du visage humain, malgré les impossibles énoncés des premières ou dernières heures ? Quelle est la spécificité de ce spectacle, par rapport à celle d’un ciel étoilé ou bien celle de la surface d’un marbre rare ? Ou même par rapport à celui des objets « d’art », toile peinte ou rampe d’escalier ? Voilà la question autour de laquelle nous allons tourner ici. – Il faut préciser que « Beauté » et « Laideur » sont ici entendus comme dans la rue, sur la place publique, avec leurs sens trop évidents et communs de « belle femme », de « sale gueule », etc. ; nous n’étudions pas ici l’usage sophistiqué, paradoxal, et minoritaire, qui trouve « beau » une blessure sanglante, le ventre d’un poisson mort, etc., entre autres objets « sublimes » ! [...] »

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