Hybride

warning: Creating default object from empty value in /var/www/vhosts/revue-chimeres.fr/httpdocs/drupal_chimeres/modules/taxonomy/taxonomy.module on line 1387.

Antigenre / multisexe / anti-identité

Début de l'article paru dans la revue papier

« Le genre comme catégorie cognitive, dite scientifique, est aujourd’hui une norme de pensée dans les sciences sociales. Il s’agit d’une prescription intellectuelle et d’une prescription d’intelligibilité. On le retrouve dans tous les domaines et sur tous les champs sociaux : femme et développement, femme et politique, femme et ville, femme et théâtre. Le genre a envahi l’ethnologie, la démographie, la sociologie… La critique de cette catégorie de genre, et de la division de la société en deux, a été maintes fois faites. Le principal argument de cette critique a été le fait que ce recours à la seule fonction reproductive de l’homme et de la femme ne correspondait nullement aux rapports sociaux qu’on observait réellement sur le terrain. Le genre rigidifie et ontologise la dualité sexuelle, biologise le social, au détriment de la multitude sexuelle pratiquée et à inventer.

Le genre a été pensé par certaines, dont Judith Butler (voir Judith Butler contre la guerre des civilisations), moins comme une coupure sur le corps humain que comme une variation infinie de celui-ci. Nous sommes pour ce genre là et contre celui qui sectionne la société en deux moitiés fonctionnelles comme aux temps immémoriaux. D’ailleurs dans ces temps on ne sectionnait même pas, les femmes étaient hors de l’humanité politique et citoyenne. Malgré ses soubresauts révolutionnaires du temps d’Olympe de Gouges, la France est parmi les lanternes rouges du train des femmes vers l’émancipation politique, parce qu’elle subsume tous les genres sous un seul, l’universel, le genre humain. Les femmes sont la moitié du ciel disait le Président Mao pour qui le fait que l’un se divise en deux, et par là en plusieurs, était le ba à ba de la politique. Ici on a commencé à parler de parité quand il a fallu ramener les femmes à la raison, leur signifier que leur libération devait servir à quelque chose, à la politique des hommes bien sûr.

La parité parlons-en : où met-on les transexuelles ? Dans le genre qu’elles se donnent ? Dans la parade à laquelle elles se plient ? Et n’y a t-il pas de transexuels hommes, d’origine femme pour certains, d’origine homme pour d’autre ? Bref des mœurs à brouiller les genres, très minoritaires dira-t-on, mais bien significatives de la possibilité de se transformer apparemment en femme ou en homme, au choix. Tous les jours chacun, chacune prend le genre qui lui convient, celui qu’on lui a assigné par la naissance, mais plus encore celui que lui propose le marché des multiples emplois vers lesquels il ou elle court. [...] »

Sur le féminisme et la théorie Queer : le site http://www.lepeuplequimanque.org/category/textes/feminisme-et-queer

Syndiquer le contenu