Aliocha Wald Lasowski

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Félix Guattari, un penseur funambule

Micropolitiques, par Félix Guattari et Suely Rolnik, traduction de Renaud Barbaras, Les Empêcheurs de penser en rond, 2007, 495 p., 26 € ; Par Félix Guattari, Lume, 2007, 136 p., 9 €.

    

Ritournelles, par Félix Guattari, Lume, 2007, 136 p., 9 €.

Philosophe militant, psychanalyste voyageur, poète itinérant, Félix Guattari fixe ces éclats sur le papier. « Quel texte émouvant, étrange, avec son mélange d’enfance, d’art, de pensée », écrit Deleuze qui découvre en janvier 1993 les fragments rassemblés aujourd’hui dans Ritournelles. Guattari y prend la tangente en mêlées fugitives, poétiques fragiles : art de penseur funambule, de cartographe du désir et de schizo-analyste. De quoi il retourne ? Petites lignes de fuite, vibrato d’un instant, jouissances enfantines. Il s’agit pour Guattari d’infléchir une trajectoire, briser une ligne ou pivoter sur soi. Son écriture dessine un champ de vibrations où les mots surgissent et s’unissent à travers un nouveau rythme, un usage sauvage : Guattari invente des concepts dans le flux d’une intelligence féroce, avec une vitesse qui coupe le souffle.

Ritournelles de la vie ordinaire ou : comment penser la précarité de la vie ?

Vie précaire,

Judith Butler,

Paris, Editions Amsterdam, 2005

Le récit de soi,

Judith Butler,

Paris, PUF, coll. « Pratiques théoriques », 2007

Vies ordinaires, vies précaires,

Guillaume Le Blanc,

Paris, Seuil, coll. « La couleur des idées », 2007

Les Maladies de l’homme normal,

Guillaume Le Blanc,

Bègles, Editions du Passant, 2004, édition augmentée, Paris, Vrin, coll. « Matières Etrangères », 2007

« Le style c’est ainsi la ritournelle de vies ordinaires tremblantes. », G. Le Blanc, Maladies de l’homme normal, p. 167 

Fragment de l'article paru dans la revue papier :

On se souvient de Deleuze évoquant la minorité pauvre des habitants des Pouilles (dont Carmelo Bene fit entendre la folle émeute de Campi Salentina), Deleuze qui rappelle la poursuite de l’informe et de l’informulé chez les damnés de Beckett, pour qui les voix sont des flux qui pilotent les corpuscules linguistiques… On se souvient de Bourdieu arpentant la rue des Jonquilles dans cette Lorraine abandonnée par les maîtres des forges, de misère de position plus que de condition, expérience douloureuse du monde social pour tous ceux qui, comme le contrebassiste de Patrick Süskind, occupent une position obscure à l’intérieur d’un univers prestigieux, Bourdieu qui lance à Grenoble la formule décisive : « La précarité est aujourd’hui partout »… On se souvient de Foucault qui dit le choc mêlé de beauté et d’effroi à la lecture de vies devenues cendres et croisées dans les pages d’un registre d’internement du 18ème siècle, Foucault qui reconnaît à travers les analyses des modes de subjectivation - la vie vécue, pensée, pratiquée comme une épreuve - les modes de constitution du sujet moderne, de l’homme précaire.

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