Anne Decamps

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El Trillo... Une robe de beauté

 
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Extrait de l'article papier

" (...) El Trillo est un outil archaïque, mais il est utilisé encore en Espagne, dans les années 1960, dans les régions de la vieille Castille ou la Mancha, régions des moulins à vent. L’été, après avoir moissonné, « el campesino », l’homme des champs, remplit sa charrue. Les bottes de blé et de seigle sont étalées « en Soleil », sous le soleil (Solar). Le bœuf ou le cheval est alors attelé au trillo, grâce à l’anneau. Au-dessus de l’anneau, un trou ? La trilla peut commencer avec un rythme lent, régulier, permanent. El trillo passe et repasse avec ses silex tranchants. Peu à peu le blé et le seigle se tassent, peu à peu, ils se cassent. Il fait chaud, très chaud : tout est feu et lumière, tout est « or », jusqu’à l’indispensable chapeau de paille, essentiel à ce dur labeur. Les tours continuels vous hypnotisent ; heureusement la bête a des oreilles et ne perçoit que la soif. Lorsque le blé et le seigle ne sont plus qu’une douce et fine matière, capable de glisser entre les doigts, il est temps d’en faire un monticule. Un simple madrier, très long : trois bons campesinos  pour le lester ; la même bête en guise d’attelage et…en avant ! Surtout ne pas tomber, c’est presque un test d’équilibre ! Puis, avant que le vent de l’automne ne se lève, il faudra utiliser le tamis pour enfin récupérer les grains et garder la douce paille.

Morts-vivants / le tiret des soupirs

 
Morts-vivants
Je vous propose de vous arrêter sur le muet !
Ce tiret, bref, précis et indécis… bref !
La coupure silencieuse sur une partition musicale,
Ce tiret placé sur la portée, nommé : « une pause », est le signe du temps qui vaut deux demi-pauses, quatre soupirs…
Espace de soupirs… Lien, séparation, superposition, conjonction, disjonction ?
Espace-temps

Contrairement à la codification musicale, le tiret des morts-vivants est une Trajectoire incertaine, dont le déroulement ne saurait être déterminé, ni le résultat acquis par avance.

Ligne fictive, accompagnée d’un sentiment d’irréalité qui met en tension et en face à face les deux figures de la mort et de la vie.

Figures ? Ont-elles un visage à partir duquel elles se dissocient ou s’associent ?

Le tiret s’allonge, ou se réduit : ces figures, toutes deux mêlées, jusqu’au jour où l’une vue de face, trace le profil de l’autre. Les plans se superposent, l’un grignotant sur l’autre… et ce sont les visages des autres qui servent de révélateur à la transformation ou bien l’absence de ces visages attendus qui nous rendent les silences entendus… modulation des traits au gré du temps étiré ou brusquement rétracté par la force d’un cataclysme…

Tiret ! Tirez !!!!

Trajectoires vocales… des effets de voix


"[...] Ce texte s'adresse à tous ces enfants, à tous ces êtres pris dans la stupeur de la langue, les musiciens, les poètes, les écrivains, à tous ceux qui sont saisis par le son, le flux des sons,
A tous ceux qui sont sensibles aux flux des sons dans la précarité de l'instant, où les sons guettent les mots, à tous ceux qui se démettent de la signification fétichiste, à tous ceux qui ne dissocient pas contenu et expression."

" [...] Produire de la voix, c'est produire une éraflure sur le bruit du monde ; en quête de sons,  d'images, elle fait surgir des images-sons. Elle devance, précède et fomente le langage, le pétrit, venant s'incarner dans un corps sonore qui ne se voit pas. "

" [...] Mouvante, errante, intense, constituée de vitesses et de lenteurs, elle nous fait sauter dans l'inconnu venant attester qu'il n'y a pas de savoir définitif, pas de raison raisonnante."

" [...] La voix expose, s'expose et expose le sujet à l'indétermination, dans le lieu où le désir est pris dans l'informulé, dans le désir qui oublie, qui s'oublie, qui est toujours là,... mais on ne pense pas que c'est le désir."

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