Mathieu Bellahsen

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Psychiatrie : du futur au passé

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EXTRAIT

Depuis plusieurs mois la psychiatrie est au carrefour des nombreuses actualités, politique, médiatique et professionnelle. Si la crise la traversant ne date pas d’hier, les derniers temps ont vu s’accélérer et se concentrer sa recomposition[1] par une série successive de rapports et de lois.
Le sursaut d’une partie  de la société civile devant les déstructurations des services publiques s’est traduit dans notre champ par la création de collectifs rassemblant soignants, patients et familles, occupés par les questions de liberté mise à mal par la propagation de l’Etat d’exception[2] dont la psychiatrie est l’un des laboratoires (avec notamment la justice, la santé publique, les politiques migratoires).
En arrière plan, nous retrouverons le tournant gestionnaire de la psychiatrie datant du milieu des années 1980 qui, en s’infiltrant progressivement, a considérablement modifier les  pratiques à l’aune de procédures standardisées (protocoles, évaluations, certification), au détriment de son objet même, constitué jusqu’alors par la clinique du singulier.

Achéron en aller-retour : des vivants-morts aux morts-vivants

New-York (tous droits réservés)

Article paru également dans la revue papier

Tout semble se jouer dans ce trait d’union, dans l’agencement des mots. Peut être le passage de l’un à l’autre nécessite-t-il du travail, du temps.

Trait d’union pour un travail de mise en bière, de sépulture. Quand le cercueil enferme le sujet plutôt que ses morts.

Ca pourrait être l’histoire de ce jeune homme rencontré lors de son hospitalisation. Il devait tout avoir de l’homme dynamique moderne, tant recherché par notre « système ». Ingénieur dans une grande entreprise, bien payé, il naviguait dans l’existence, tranquillement. Puis, il y a cinq ans, la barque a pris l’eau. A moins que le vent ne se soit levé pour lui souffler à l’oreille une parole jusqu’alors inaudible ?

Quittant le radeau familial peuplé d’alcoolisme, de dépression, il cherche sa voie (sic) dans un ailleurs mystique. Les terres étrangères l’accueilleront malgré elles. Son départ pour le Moyen Orient marque le début d’une vivance morte qui durera intemporellement. Ayant largué les amarres de la vie d’antan  il part donc, avec dans son baluchon les économies accumulées par ses années de travail sans saveur, avec peut être des rêves, des promesses, celles de ne plus revenir dans ce monde… Le monde de la famille, de la réalité, du quotidien, de sa ville.

Il part avec son délire grandiloquent, cherchant la créativité qui lui a toujours manqué. Refaisant le monde, son monde, il décide de participer au rêve américain. New York, le milieu de la mode. Le créatif cherche la Création.

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