Marc Mardochée

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Pour une dialectique de l’Un et de l’autre

 
Georges Zimra, Harmattan, Paris, novembre 2007
Penser l’hétérogène, Figures juives de l’altérité

"L’Un donne ce qu’il n’a pas"
Plotin

L’ouvrage de Georges Zimra, Penser l’hétérogène, Figures juives de l’altérité, est un livre d’une ampleur tout à fait remarquable : le titre peut laisser croire qu’il s’agit d’un énième ouvrage sur des thèmes sans cesse repris (judaïsme, altérité), que les commentateurs par exemple de Levinas revisitent tantôt brillamment, tantôt aussi de manière un peu répétitive. Ce n’est vraiment pas de cela qu’il s’agit ici, même si Levinas est un auteur non seulement lu et commenté dans cet ouvrage, mais pris en compte dans son enjeu conceptuel, philosophique, théologique et historique, qui dépasse de loin le souci traditionnel du commentateur scrupuleux.
D’ailleurs autant souligner de suite que les auteurs avec lesquels travaillent ici Georges Zimra présentent un horizon saisissant : du côté de la philosophie, Zimra tient à travailler à partir des concepts de Foucault pour penser la modernité et sa généalogie. Mais Rousseau, Hegel, Marx, Benjamin, Arendt, Derrida, entre autres, sont aussi de la partie. Du côté de la théologie, l’ouvrage reprend la discussion sur le sens de la traduction biblique réalisée par ce groupe qu’on a coutume d’appeler la « Septante » qui au troisième siècle avant notre ère, entreprit de traduire la Thora dans une autre langue que la sienne, à savoir de tenter ce passage « délicat » de l’hébreu vers le grec. Mais cette discussion court alors, en passant par Saint Paul, Avicenne, Maimonide jusqu’à Rosenzweig et Levinas, pour tenter de penser quelle place occupe la figure juive. Quelle place occupe la figure juive par rapport d’abord à la langue grecque et à l’affirmation paulinienne d’un universel qui dans le même geste inclut et exclut celui qui se reconnaît encore dans l’héritage de Moïse ?

Dialogue entre Galilée et Ménon, la citoyenneté palestinienne comme citoyenneté internationale


(Tous droits réservés)

Extrait de l'article paru dans la revue papier.

"(...) Galilée : Et… la chose qui me surprend le plus, c’est que personne vraiment n’a réagi, alors qu’on a ici un véritable événement politique, dont on n’a pas encore pris la mesure. Barenboïm, de nationalité israélienne, de confession juive (je n’aime pas parler ainsi, mais cela permet d’être rapide) a obtenu la citoyenneté palestinienne. Je dis citoyenneté palestinienne, et non pas nationalité palestinienne…

Ménon : Et pourquoi… ?

Galilée : Parce qu’il ne peut pas faire partie de la nation palestinienne. Son geste fait justement éclater le concept régressif de nationalité, au profit du concept politiquement beaucoup plus fort de citoyenneté. Il ne perd pas sa « nationalité » juive, si on entend ce terme de nationalité dans le sens que lui donne les défenseurs de l’émancipation des minorités nationales marginalisées. Il maintient son appartenance à « la nation juive », mais il devient également citoyen palestinien. Voilà que la citoyenneté palestiniennes c’est alors aussitôt enrichie d’une nouvelle nationalité : la nationalité juive. Et par ce geste il met en péril deux formes justement de nationalisme qui s’affrontent dans un tête à tête stérile et meurtrier. Il met en péril le nationalisme sioniste, qui a construit un nouvel Apartheid, pas moins affreux que celui mis en place en Afrique du Sud, mais plus solide sur le plan du soutien international. Et il met en péril également le nationalisme palestinien, qui d’une forme majoritairement laïque s’est quoi qu’on en dise, profondément modifié, écartelé désormais entre un intégrisme religieux, et une bureaucratie qui tient sa force de ses armes et de son argent.

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