Résistances

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Nous sommes tous des voleurs de poules roumains !

« Parasite » est un terme dont la fortune dans les sociétés modernes n’est pas faite pour nous étonner : il déploie en effet ses puissances à l’intersection de plusieurs domaines stratégiques – la politique, la biologie, l’économie sociale, etc. De ce fait même, sa propriété de faire image, de trouver des emplois utiles dans toutes sortes de régimes discursifs et de nourrir les rhétoriques les plus variées se manifeste constamment ; ceci dans des configurations, des séquences et des topographies très diverses. Bref, « parasite » est, davantage qu’un mot d’époque, un terme qui fait époque, un vocable puissant susceptible de se hausser, selon tel ou tel régime discursif, à la dignité du concept, voire de se prêter au jeu de la construction de paradigmes.
Qu’il suffise de le mentionner pour que tout ou presque soit dit : en plus d’une occasion, dans les moments totalitaires mais pas exclusivement, il a suffi qu’un individu ou un groupe soit désigné par le pouvoir comme « parasite » pour qu’il soit virtuellement mort – « parasite » désignant politiquement l’exterminable, l’indigne de vivre, le danger mortel.
Première singularité du terme, donc, employé comme substantif ou adjectif, dans la langue et le discours de la modernité : il met en relation, à la faveur d’une fertile in-distinction (indétermination), plusieurs domaines du vivant : l’humain, l’animal, le végétal. Le grand discours (moderne) de la vie, celui de la biologie, de la médecine notamment, saisit, redéploie et intensifie le vieux terme gréco-romain qui, lui, désignait une figure sociale (celui qui tire sa subsistance d’un mieux nanti), un personnage de la comédie humaine - le parasite, personnage récurrent de la comédie latine.

Communauté et Ecosophie


 Extrait de l'article paru dans la revue papier

" (...) « Un jeu de construction »

Le libellé a un titre particulier, ce n’est pas « la révolution en marche »  c’est « l’insurrection qui vient ». La révolution, on connaît. La production d’écrits révolutionnaires est une constante de la gauche de la gauche. Il fut un temps où l’on parlait de révolutionnaires professionnels. Le côté pro. est identifiable. En revanche notre patrimoine historique différencie la processualité révolutionnaire et l’éruption insurrectionnelle, le soulèvement.
Les faits, tels qu’allégués par la justice, un blocage de voies ferrées, ne sont pas différents des menées des groupes écologistes radicaux et particulièrement allemands contre la circulation des déchets nucléaires, ça ne donne pas le frisson, les écologistes radicaux sont dans leur rôle : bloquer le train, la police dans le sien : faire passer le train.
Et quand il arrive que l’on trouve des poteaux de béton sur la voie, on parle d’acte de malveillance et non de sabotage, terme qui était encore employé le 30 janvier 2009. En revanche cibler le trafic voyageur, là le quidam ne comprend pas.

Les « neuf » vivent à la campagne, dans un endroit isolé, ont une vitrine sociale : l’épicerie du village. Mais dès lors que l’image pivote, 150 policiers dit-on, plus les journalistes présents depuis la veille, ça peut évoquer les romans d’espionnage tendance politique : la taupe dormante. Les habitants étonnés découvrant que leur voisin si parfait menait une double vie. L’allure générale des comploteurs présumés, ça compte, c’est important pour ceux qui ont connu les communautaires des années 70-80 vivant dans un écart. Ici on a des jeunes gens bien élevés faisant de bonnes études. La surprise des voisins relève du fait divers et de son traitement habituel : l’assassin porte presque toujours les paniers des vieilles dames.

Même si le grossissement des éléments peut fournir la trame narrative d’un imaginaire plus romanesque, (ce qu’avaient perçu ceux qui mirent en circulation le rapport de fin de garde à vue en le présentant comme intéressant pour les auteurs de feuilleton), cela ne suffit pas à expliquer la stupeur qui s’est alors emparée de la France profonde et des politiques patentés.

On avait, d’un coup à traiter un petit noyau d’action directe. La satisfaction de la classe politique d’avoir échappé aux mouvements qu’ont connus l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne était mise à mal en l’espace de quelques heures. Et dans « l’opinion » se répandait le sentiment mêlé de stupeur d’une perte d’immunité.



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Retrouvailles à Vicam

Extraits de l'article paru dans la revue papier

Paroles de Vícam "Fragment du livre Paroles de Vícam, par Joani Hocquengheim, interventions de la Première Rencontre des peuples indiens d'Amérique, à paraître aux éditions Rue des Cascades." Première Rencontre des Peuples Indigènes d’Amérique - Octobre 2007.

"We, Mohawks, have an alliance, the Iroquois Confederacy, with our brothers Onondaga, Cayuga, Seneca, Tuscarora, Oneida. We are struggling. We are struggling against the corporations in Canada and the United States..."

Surprise de l’anglais, choc de l’intonation yankee, la langue de l’Empire tout proche, la langue des touristes, du business, des films et de la pub à la télé, celle de la Border Patrol et du patron des migrants, objet de toutes les ironies et rancœurs, aux antipodes de la passion ambiante, de l’atmosphère militante, latine et anti-impérialiste. Sur le terrain de foot, au milieu de la lande du Sonora, tout au nord du Mexique, deux Amériques que sépare le grand mur de Bush, s'écoutent et se regardent. A l'appel du Congrès National Indigène et des zapatistes, les délégations de 66 peuples indiens de douze pays du continent se sont donné rendez-vous dans la communauté yaqui de Vícam, ce jeudi 11 octobre, et entament un tour d'horizon qui va du nord au sud pour "dire qui ils sont, d’où ils viennent, quelle est leur histoire, leur chemin, leur situation actuelle”. Face au podium, sous une grande bâche, quelques deux mille personnes se sont répartis les sièges et l’ombre. Les conversations se sont tues, le silence se fait pour entendre l’autre versant de l’histoire. Au côté de l'oratrice, un interprète donne la traduction en espagnol (...)


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