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Que le son perce

Extrait de l'article paru dans la revue papier

"Je me pose toujours la question : comment se préparer ? Je ne sais pas. Il y a une concentration. Et puis la concentration, je me pose toujours la question, je ne sais pas, alors j’essaye de me concentrer
en écoutant. J’écoute ce qui m’entoure, en essayant de faire le vide, mais parfois, le vide ne vient pas, des pensées me traversent tout de même. J’essaye, il y a un côté respirer, écouter et puis sentir. Ce n’est pas désagréable en même temps, c’est un moment privilégié, on n’a plus le droit de s’angoisser pour tous les contrats à chercher, par exemple, il ne faut plus y penser, on le sait. Ça évacue pas mal de choses. Il y a aussi le fait de s’allonger par terre, pour prendre la mesure de l’espace, par terre, pour que le corps prenne la mesure du son. Ce qu’il faut trouver dans la concentration, c’est la détente, vraiment. Et l’écoute. La détente et l’écoute. Donc, s’allonger par terre, sur le lieu où on va jouer, pour que le corps sente l’espace. Je n’aime pas avoir de rapports avec le public avant de jouer, quand je vais jouer, je ne peux pas aller parler aux gens, ni avoir un rapport même social avec quiconque. Ce ne peut plus être que des rapports d’énergie, plus de rapports de politesse, tout ça, c’est fini. Ce n’est pas si désagréable, d’ailleurs."

(Suite dans la revue papier)

L’hétérogenèse dans la création musicale

(Georges Aperghis, Récitations n°11, tous droits réservés)

Extrait de l'article paru dans la revue papier

Cet article est un extrait d’une conversation entre Félix Guattari, Georges Aperghis et Antoine Gindt, réalisée le 22 décembre 1991 pour l’ATEM (Atelier théâtre et musique), au Théâtre des Amandiers de Nanterre. © Bruno, Emmanuelle, Stephen Guattari, Fonds IMEC.

"L’appréhension du monde, ce que j’appelle la constitution d’un Territoire existentiel, correspond dans la polyphonie existentielle à une sorte de basse continue, c’est-à-dire une base chaosmique sur laquelle vont, comme dans un motet, se construire les différentes lignes. Autrement dit, le déploiement d’un univers musical est, pour moi, toujours doublé d’une appréhension chaosmique qui constitue un territoire existentiel auquel l’auditeur viendra s’agglomérer d’une manière pathique, c’est-à-dire indépendamment du fait qu’il a un rapport cognitif à la musique, une mémoire, une connaissance. Il y a un phénomène de fusion chaosmique par rapport auquel, non seulement les formes, mais aussi le rapport de l’un à l’autre, le rapport d’altérité se dissolvent.

Aperghis a certainement acquis la liberté de se placer sur le fil de l’acrobate, de risquer la chute. Mais à la différence de certains autres, il sait que quand l’acrobate tombe, il ne tombe pas dans le vide, il tombe sur d’autres fils, auquel cas il peut sauter, d’autant plus ! Le danger, on peut le négocier, on peut jouer avec, le mettre en horizon, en faire un point de ligne de fuite.

Il est toujours là, il réémerge sans cesse, à toute occasion, à chaque fois que sont introduits des éléments d’irruption, non pas pour créer des points de rupture avec la chaîne de complexité formelle, mais pour amener d’autres matières d’expression."

(Suite dans la revue papier)

Chaosmose, une lecture collective

Extraits de l'article paru dans la revue papier

Ce numéro de Chimères fait suite à une lecture collective du livre de Félix Guattari Chaosmose, écrit en 1992 (Galilée) qui s’est déroulée d’octobre 2011 à mai 2012, à Mains-d’Oeuvres (Saint-Ouen), puis à la Maison Populaire (Montreuil).

Chaosmose est une proposition pour voir et faire les choses autrement, une invitation à la « mise en acte » processuelle d’une pensée transversale. Comment réaliser un numéro de revue comme une expérience qui s’inscrive elle-même dans une processualité créative ? Penser avec Félix Guattari n’est pas « penser sur », ni « penser comme », mais produire des pensée-faire, pensée-dire, pensée-signes: plutôt qu’une analyse textuelle, il s’agissait de solliciter chacun dans ce que cette lecture lui donne à penser ou favorise dans ses pratiques, qu’elles soient politiques ou cliniques, philosophiques ou artistiques. Ainsi au cours de six séances de cette « lecture en acte », le mélange des signes s’est joint au chevauchement des temps et des espaces. Présents ou à distance, cliniciens, philosophes, artistes, psychanalystes, écrivains, sociologue intervenants se sont imbriqués dans une transversalité esthétique associant l’idée, le corps, l’écoute et le mouvement. Se sont côtoyés quelques uns de ceux, amis, analystes, artistes, philosophes, qui ont rencontré l’homme, partagé ses idées et en poursuivent les pistes. Mais aussi ceux plus jeunes, qui expérimentent aujourd’hui, à partir de ses traces, l’hétérogénèse sémiotique de la « chaosmose » et nous font découvrir l’œuvre littéraire, théâtrale et cinématogaphique de Guattari lui-même — œuvre largement méconnue et dont nous présentons ici quelques extraits.

Brice Dellsperger – Body Double : aux frontières du réel


 ET LE SITE DE BRICE DELLSPERGER AVEC DES EXTRAITS DE LA SERIE BODYDOUBLE 

Extraits de l'article paru dans la revue papier

"[...] Pulsions est une source importante d’inspiration pour l’artiste. Plusieurs scènes de ce film ont été retournées. Dans Body Double 15 (2001), l’artiste rejoue la séquence de la filature au musée, séquence qui valut beaucoup de reproches à Brian de Palma puisqu’elle s’inspire directement d’une scène de Sueurs froides d’Hitchcock, film qui interroge à merveille la question du double et du travestissement. Dellsperger y incarne à nouveau Kate Miller, mais avant son meurtre. Déambulant dans un musée, elle succombe au charme d’un inconnu et le suit. Puis se fait suivre par lui. Elle laisse tomber son gant. La scène s’achève au moment où, déçue, elle croit l’inconnu parti. Au-delà de la référence hitchcockienne, le film de Brian de Palma joue dans sa composition même de la référence au double. Cette scène censée se dérouler au Metropolitan Museum à New York (dont on aperçoit les extérieurs dans le film) a été tournée en fait au Philadelphia Museum of Art. Si ce changement de lieu intervient sans doute pour des raisons économiques et pratiques, il n’empêche que le film offre un caractère mensonger dans ses espaces, aisément repérable pour de nombreux spectateurs. Ce saut d’un espace à un autre dans une scène où le lieu est unique marque une césure de l’image en tant que reflet du cinéma comme pure apparence, comme tromperie consubstantielle. Le subterfuge n’est peut-être qu’un détail, mais ce détail était à même de plaire à Dellsperger.

Cette scène reprend les sujets banals de la rencontre amoureuse, de la naissance du désir et du suiveur-suivi jouant habilement avec les attentes du spectateur par le suspens, l’usage de la musique qui mène à une acmé et s’achève par la frustration. Mais la fascination est troublée par le dédoublement de l’acteur à l’écran. Celui qui désire et le désiré forment la même personne et sont du même sexe. L’artiste trouble d’ailleurs la perception des genres masculin/féminin en faisant porter aux personnages le même costume : un tailleur crème. Il nous place face un dédoublement corporel et une fascination érotico-narcissique. Amoureux de ses personnages, l’artiste en clone de lui-même se court après. Troublant, dérangeant, mais aussi très drôle, Dellsperger fait resurgir la figure keatonienne de Playhouse. Personne n’est dupe, pas même lui, de la tromperie qu’il offre au regard. Si l’écran de cinéma est traditionnellement un cadre d’identification à ce qui s’y joue pour le spectateur, l’artiste, lui-aussi spectateur, pousse le vice jusqu’à ce que le spectateur lui-même devienne le héros de la fiction qui lui est destinée. Sous un déguisement qui ne laisse entrevoir que lui, l’artiste incarne donc dans ses fictions la projection mentale d’un spectateur de cinéma dans le film qui lui est donné à voir, notre propre désir inavouable mais constitutif de l’expérience cinématographique : être l’autre, être le héros, se transporter dans son corps et vivre ses aventures. Brice Dellsperger met ainsi en exergue, par une image et des corps en lesquels on ne peut croire, le processus cinématographique lui-même.  [...]"

Assis ! Debout ! Couché !

Performance littéraire enregistrée le 7 septembre 2008 à la galerie Mycroft, Paris.
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