Devenir animal

warning: Creating default object from empty value in /var/www/vhosts/revue-chimeres.fr/httpdocs/drupal_chimeres/modules/taxonomy/taxonomy.module on line 1387.

Devenir plante

"[...] Y a-t-il des individus qui communiquent plus loin ?

Le profil chimique d’une plante est souvent complètement unique pour cette plante individuellement. Il ne semble pas y avoir une empreinte chimique simple ou générique pour une sorte de plante en général : « Toutes les plantes rejettent des composés chimiques volatils, et le profil chimique de différentes plantes est différent et peut être spécifique pour chaque plante8 ». Cette observation rend plus compliquée l’hypothèse de base selon laquelle, dans l’émission du signal, une plante agit comme type génétique. Deuxièmement, le profil volatil d’une plante individuelle donnée change de diverses manières selon les différents types de stress qu’elle endure : si elle est attaquée matériellement elle donne un signal de coup. Si elle est attaquée par un insecte, un autre type de signal. Ceci nous force à imaginer les plantes non seulement comme des individus, mais comme des individus co-évoluant continuellement avec et dans des relations environnementales changeantes qui elles-mêmes sont en train d’évoluer de manières complexes. Les plantes ne sont en aucune façon des êtres isolés dans une externalité qui serait configurée comme externe ou étrangère, par rapport à laquelle elles devraient changer, et contre laquelle elles auraient besoin de droits négatifs. Ce qu’on appelle les types génériques sont des individus réels, et ces individus sont toujours en relations fluides non additives avec les autres. Ces observations poussent à reconnaître la possibilité que les plantes soient des singularités complexes, ou dit autrement, que l’unité la plus réelle et la plus fondamentale de l’existence végétale (son corps) est ce que Spinoza appelle un « mode », « les choses particulières qui existent réellement » (Spinoza : Éthique II : Proposition 9) – chacun avec sa propre nature – plutôt que des types ou des essences (Éthique : Définitions 1-7), et que ces singularités sont par nécessité, complètement immergées dans, constituées par, et constituantes d’un milieu : « Le jeu entre la plante et son environnement est une activité mutuelle ». [...]"

Devenir animal et vie aérienne. Prolégomènes à une biologie transcendantale



("Ça manque encore d’air, et pourquoi donc ne pas s’élever, et filer vers l’aérien? ")

Extrait de l'article paru dans la revue papier

« Mes réflexions avaient suivi une pente que je décrirai plus tard et j’avais déjà tiré de la ruse apparente des fleurs une conséquence sur toute une partie inconsciente de l’œuvre littéraire, quand je vis M. de Charlus qui ressortait de chez la marquise ».
Marcel Proust, Sodome et Gomorrhe I.

Meutes, tiques, larves, énumère le thème de ce numéro, pour une injonction : « passer de l’animal à la pluralité des meutes, aux différences disqualifiées, imperceptibles, à l’immature. » Un numéro, donc, sous le signe du devenir animal, puisque ce passage est déjà anticipé dans Mille Plateaux :
(1) « Dans un devenir animal, on a toujours affaire à une meute, à une bande, à une population, à un peuplement, bref à une multiplicité »  (MP, 292),
et
(2) « Chaque multiplicité est déjà composée de termes hétérogènes en symbiose » (MP, 305).

De ce « toujours », de ce « chaque », on déduira aisément cette troisième proposition syllogistique :

 (3) Un devenir animal, c’est une histoire symbiotique entre termes hétérogènes.

Syndiquer le contenu