Valérie Marange

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N°78, Soigne qui peut (la vie)

Couverture : Fred Périé avec Magy Ganiko

Valérie Marange, Soigne qui peut

POLITIQUE
Anne Perraut-Soliveres, Attention, fragile...
Jean-Pierre Martin, Soin et (des)institutionalisation
Max Dorra, Leçons de solitude.

CLINIQUE
Noelle Lasne, Le contrat
Pierre Delion, La représentation d'autrui dans le développement du petit d’homme
Marie-Jeanne Gendron, D’un corps à l’autre, de l’odeur à la parole
Blandine Ponet, La voie matérielle
Anne Brun,Les médiations thérapeutiques dans les cliniques de l'extrême
Chantal Lheureux-Davidse, De l'agrippement sensoriel à la métaphore partagée dans la clinique de l'autisme
Isabelle Ginot, Écouter le toucher

CONCEPT
Erin Manning , Vivre dans un monde de textures
Brian Massumi, Reconnaître la neurodiversité
Carla Bottiglieri, Soigner l’imaginaire du geste : pratiques somatiques du toucher et du mouvement
Michelle Ducornet, Penser de tout son corps
Josep Rafanell i Orra, Habiter. Quelques notes

TERRAIN
Monique Selim, Violence, folie et réhabilitation imaginaire à Canton
Clara Novaes, Olivier Taïeb, Marie Rose Moro, L'expérience urbaine de l'ayahuasca au Brésil
Michael Querrien, La qualité d’une démarche de soin

FICTIONS
Annie Vacelet-Vuitton, La nuit du Pangolin

ESTHETIQUE
Virginia Kastrup, Bergson, l’attention et les aveugles
Olivier Derousseau, Chagrin
Christophe Boulanger, Les victimes mortes se vengent très bien…
Fred Périé , Sans titre, à...

Soigne qui peut


« Si le mot cure avait la possibilité de parler, nous pourrions nous attendre à ce qu’il nous raconte une histoire, les mots ont cette valeur-ci : ils ont des racines étymologiques, ils ont une histoire comme les êtres humains. Ils ont parfois un combat à mener pour établir et maintenir leur identité. Je crois que cure, en ses racines, signifie care. Vers 1700, il a commencé à dégénérer en devenant un terme remedy, dénommant un traitement médical. C’est ce passage de care à remedy qui m’occupe précisément ici. »
R. D. Winnicott, 1970.

Quand le management se fait toujours plus envahissant, quand le soin/traitement vise des chaînes toujours plus courtes et des tactiques toujours plus adaptatives, le renouveau de la catégorie du soin/souci (ou care), est un signe d’espoir et peut-être de ralliement.
Si du moins il ne se réduit pas à désigner un espace d’assistance dévalorisé, caritatif ou domestique, auquel seraient assignés certains et surtout certaines.
Pour rendre visibles les moindres gestes d’invention du quotidien qui font que les existences trouvent  consistance tenable, pour exprimer la présence à soi et à l’autre qui seule permet de penser ce que nous faisons sur nos terrains respectifs, mais aussi en partie pour articuler le plus intime, les communications non-verbales ou pathiques, l’espace du dire vrai dans l’amitié et le rapport à soi, et le plus public, soit la reconstruction d’un espace commun vivant.
Ce numéro accueille des expériences cliniques, artistiques, sociopolitiques, ainsi que des tentatives de conceptualisation, permettant de baliser un champ prospectif du soin-souci comme ouverture éthico-esthétique et éthico-politique. 
Champ initié par la rencontre de l’interpellation winnicottienne de la cure et des politiques de santé par un taking care issu des soins primaires materno-infantiles ; le prendre soin de la psychothérapie institutionnelle et la « fonction soignante diffuse qui engage la responsabilité collective ; la mise en avant des gestes d’étayage fondamentaux tant par l’économie politique féministe ou écologiste que par la philosophie des « arts de faire », qui les relie au point suivant ; les esthétiques de l’existence mises en avant par la philosophie contemporaine comme écart vis-à-vis de la volonté de savoir et de maîtrise du vivant ; les recherches scientifiques et cliniques sur les problématiques de l’attention, de l’empathie, de la communication sensorielle et affective, qui réhabilitent les données sensibles dans la pratique soignante et dans une écologie mentale globale.
Entre ces différents fils, se tisse la trame d’un espace d’attention opposable à la négligence néolibérale, mais aussi peut être à ce que Bateson nomme des erreurs épistémologiques qui continuent d’entraver notre acheminement individuel et collectif vers le soin, c’est-à-dire en quelque sorte vers le « concret », le croître ensemble.
 
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