Peinture

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Animo, entretien avec Michel Ndjar


(Tous droits réservés)

EXTRAIT DE L'ARTICLE PARU DANS LA REVUE PAPIER

Francis Bérezné - L’ouvrage auquel tu as donné le titre d’Animo rassemble un choix de tes travaux, les poupées, les dessins de masques, et les animaux proprement dits. En quoi tes poupées sont-elles aussi des animaux, quelle est leur part d’animalité ? Tes poupées ont une apparence inquiétante, une allure de larves, de chrysalides, est-ce que tu les penses comme des animaux ?

Michel Nedjar - C’est une bonne question. Je dis poupées, qu’il s’agisse de poupées ou de masques.

FB - Même s’il s’agit des masques que tu dessines?

MN - Pas ceux que je dessine, mais les masques en tissu. Ce doit être à cause de leur matière. Pour les dessins, je ne sais pas.

FB - Est-ce que tu penses animal, quand tu fais une poupée ?

MN - Elles ont toutes quelque chose d’archaïque, j’en suis sûr, qui remonte à l’enfance. Les poupées font partie d’une même strate de l’enfance. La poupée et l’animal sont liés, étroitement, et j’ai toujours dessiné des animaux.

Les motifs de Vuillard


 Extrait de l'article parue dans la revue papier

Vuillard brosse en 1893 une toile intitulée Le Prétendant. Le tableau met en scène deux figures féminines et un personnage masculin : le prétendant . Celui-ci semble vouloir s’extraire  du décor mural : son buste en est encore prisonnier, seule sa tête est passée. Mais les cheveux et la barbe emportent avec eux, tels un repentir, les motifs du mur dont ils émergent tout juste.
Le tableau ne prétend pas à la ressemblance : il ne s’agit pas de rendre compte d’une identité, selon la hiérarchie du modèle à la copie.
Le personnage se glissant latéralement hors du mur, semble plutôt conçu sur une dissemblance, une différentiation à partir des motifs. Il s’agit dès lors plutôt  d’un faux que d’une copie, Le mot « fantasme », lié étymologiquement à « fantôme », s’accordant singulièrement à ces figures qui paraissent traverser les murs, dans l’œuvre de Vuillard entre 1890 et 1900.

Echappée belle

 
Gérard Fromanger - Bastilles-dérives, 
FEUILLETER LE LIVRE (préfacé par Blandine Chavanne)
« Il est beaucoup plus commode de déclarer que tout est absolument laid dans l’habit d’une époque, que de s’appliquer à en extraire la beauté mystérieuse qui y peut être contenue, si minime ou si légère qu’elle soit. La modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable »

Extrait de l'article paru dans la revue papier

"Les portraits de Fromanger se font ainsi : des lignes qui ne mènent nulle part, ne viennent de nulle part, mais qui se croisent. En se croisant, un visage se forme, un paysage de vie s’installe avec l’astuce du trait du peintre, avec sa générosité, son amour. « Je ne peux pas faire le portrait de quelqu’un que je n’aime pas. »
Après les années de son apprentissage buissonnier (la seule formation qu’il a eue à côté des cours de dessin, ce qui revient au même), Gérard Fromanger rencontre, dans le giron de Deleuze et Guattari, Guy Hocquenghem. C’est la grande époque de la mise en concept du désir homosexuel, institutionna-lisé par le mouvement d’émancipation que fut le FHAR en 1971. Une amitié se noue, encore une, pour Gérard Fromanger. Que ce soit une pensée, une méthode, une ligne de dessin, « finalement ce qui m’intéresse n’est que la dérive, qu’elle soit géographique, philosophique ou politique. D’ailleurs, ma dernière exposition s’intitulait Dérives, ainsi que le livre aux éditions Maeght. Pour l’expo, plus précisément Bastille Dérives. Il n’y a que la conquête permanente de l’indépendance qui compte, sortir des grilles. Voyez la grille cubiste qui a assassiné des générations de peintres. Ce diagramme étouffant, issu de la même matrice mathématique, logique, carrée. C’est comme s’engouffrer dans le réseau du métro à la Bastille, où la ligne 1 vous avale pour vous mener à l’endroit précis où il faut aller.
Là, je me décide tout d’un coup à changer de direction, aller ailleurs, dériver, repartir, sortir nulle part. À des grilles imposées, je préfère les lignes de skieurs nautiques qui dessinent sur le plan de l’eau des schémas en toute indépendance. » C’est ainsi que l’intuition mène Gérard Fromanger à enchevêtrer des lignes pour dessiner un visage qu’il aime. Comme une anagramme. Comme un trajet de métro improvisé. Comme une toile. Toile de peintre, toile d’araignée, un nouveau paysage, un web. D’ailleurs, dans sa dernière série Bastille Dérive, les lignes d’un plan de métro dérivent, sortent du cadre, dessinant les contours des visages, des personnages, de la foule.
C’est par des lignes de fuite du pinceau qu’il se fait la belle, Gérard."

Voir aussi : http://www.vacarme.org/article1606.html

Entre peinture et abîme. Entretien avec Antonio Veronese

 

Extrait de l'entretien paru dans la revue papier

Chimères: On vous connaît par votre action engagée auprès de jeunes des rues de Rio. Comment en êtes-vous venu à travailler avec ces jeunes? Pouvez-vous revenir sur votre parcours ?

Antonio Veronese: L’image de l’échec n’est pas obscène, obscène est l’indifférence… J’ai depuis toujours été touché par cette vulnérabilité de l’être humain. Notre perplexité devant la vie et la mort… J’imagine que ça a profondément influencé ma peinture. J’ai eu une enfance pauvre… autour de moi j’avais les visages de l’échec avec une puissance, une dramaturgie, une beauté qui surpassent la superficialité des visages de la bourgeoisie. Depuis l’âge de 11 ou 12 ans, je suis obsédé par ce théâtre expressionniste, ces personnages en dehors des règles esthétiques de la pub. En me regardant, enfant, peindre ces visages, mon entourage me croyait fou. Mais un jour, par hasard, dans ce petit village où j’habitais à l’intérieur du Brésil, j’ai découvert un livre de Modigliani et je me suis dit: voilà, je ne suis pas fou! Plus tard, à Rio, j’ai été invité à travailler avec les enfants en prison; une chance unique de rencontrer mes protagonistes. Je parlais de désespoir et pourtant je n’avais jamais touché, senti un désespoir tel que celui de ces enfants.

Ch.: Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans votre expérience avec ces jeunes prisonniers au Brésil ?

Stéphane Léger, série

"D'une manière générale, ce projet a été initié suite à une réflexion sur l'auto-mise-en-spectacle et l'auto-surexposition des corps sur internet via les sites dits "de rencontres" et en parallèle sur un constat et une analyse des images des médias de masse qui ont modélisé mon imaginaire depuis l'enfance. Le projet serait de ne pas rejouer ces figures imposées. Mais peut être d'en rire, parfois avec mélancolie certes, mais surtout de les faire se rencontrer pour en énoncer d'autres potentialités... "


Stéphane Léger, série # 2 / Figure_Mauve, 2007. Impression numérique en encre pigmentaire sur papier Photorag 308 g. Tirage limité de 5 ex. 21x21 cm. Studio Franck Bordas, Paris.


Stéphane Léger, série # 2 / Figure_Verte, 2007. Impression numérique en encre pigmentaire sur papier Photorag 308 g. Tirage limité de 5 ex. 21x21 cm. Studio Franck Bordas, Paris.
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